Un mag européen, peut-être un peu énervé aussi...

Contre, tout contre

La réalité que nous vivons n’est ni ennuyeuse ni écœurante. Ceci étant dit ne nous leurrons pas ; si nous pouvions changer de réalité nous le ferions. De fait la réalité que nous vivons ne nous convient pas, elle ne nous convient jamais. Nous agissons envers elle comme le ferait un dandy insatisfait qui ne supporte pas les pantalons mal taillés et les chaussures trop étroites, pire de «  mauvais goût «. Bref pour le dire sèchement ça ne va jamais.

De la réalité

Malheureusement ou par chance, la réalité n’est pas faite pour nous plaire. Elle est faite pour nous recevoir, tout recevoir ; le réel reçoit indifféremment tous les mondes et tous les événements, les plus contradictoires comme les plus monstrueux. Ils sont ainsi accueillis et recueillis par le réel qui demeure impassible et les autorise à se manifester plus ou moins longtemps.Pourquoi parler de la réalité ? Depuis plusieurs semaines  j’entends des journalistes et des commentateurs de la vie politique française se plaindre de la piètre qualité de la campagne électorale pour l’Élection présidentielle de 2017.Ces commentateurs n’ont pas pour autant de regrets et de nostalgie pour les campagnes précédentes qui n’ont pas eu des candidats particulièrement intelligents ou brillants.

Quelle que soit la campagne, avons nous eu des candidats qui ouvraient sur des perspectives inédites qui dépassaient les attentes placées au niveau de l’auge des électeurs ? La réponse est négative. Il ne faut en aucun cas passer son temps à se lamenter de la piètre qualité des débats et des candidats car nous serions bien en peine de dire ce peut être une  » bonne » campagne électorale. En ce qui me concerne le réel me convient même si il me déçoit, surtout lorsqu’il me déçoit. Au lieu de se contenter de m’apporter ce que je souhaite, le réel révèle par  l’inattendu et la surprise la face vérolée et honteuse de la notabilité et de la bienséance.Il est parfaitement légitime d’être mécontent par l’absence de «  débats sérieux ou profonds «  lors des rencontres entre les candidats ou lorsque ceux-ci sont invités à présenter leur programme qu’ils se promettent d’appliquer dans la gestion des affaires de l’État. Mais Je ne comprends pas en quoi cette campagne est ennuyeuse ou décevante ; ce à quoi nous assistons c’est à l’irruption du réel dans la campagne et par réel j’entends celui des individus qui se prétendent dignes de recevoir la charge de mener les affaires de l’État.Par un jeu de révélations et de rebondissement nous assistons à l’impossible contrôle du réel. Dés lors cette campagne n’est plus celle qui était préméditée : technique, aseptisée et au fond vide de tout intérêt. En effet Ce que nous apprenons n’est pas anecdotique ; certains spécialistes, des journalistes ou des candidats ne considèrent pas cela comme faisant de bon éléments pour une élection présidentielle alors que selon moi ces éléments d’informations concernant des candidats  n’ont rien d’anecdotiques et qu’ils sont tout aussi dignes d’intérêt que les propos pontifiant sur l’économie que tiennent les candidats dont ils ne sont pas les auteurs et qu’ils se contentent d’ânonner, comme un étudiant en philosophie, à partir de fiches préparées par une équipe de collaborateur qu’ils ont rédigés à partir de synthèses dont ils ne sont pas les auteurs etc etc.

Je suis heureux d’apprendre que François Fillonnnnnn ( je l’écris ainsi ça fait plus riche ça va de soi ) alors qu’il portait le masque de monsieur de la Rigueur était et demeure un sybarite de la Sarthe.J’aime voir la dégringolade pitoyable de cet hybride entre le Père Fouettard et l’éminence grise  qui s’est complu à nous offrir  le simulacre  de l’homme simple, économe, rigoureux et surtout honnête alors qu’il est avant tout un homme faible moralement et dévoré par l’amour de l’argent et le luxe le plus kitsch. Monsieur Fillon nous promettait en guise de programme économique pour la France une purge et une saigné si violente qu’elle devait tuer le malade en l’occasion les salariés devenus des esclaves d’une république patricienne au service du patronat ; grâce à toutes  » révélations nous le découvrons incapable de vivre avec économie et parcimonie. Bien au contraire il semble avant tout un individu vénale et avide d’argent et de  » beaux objets  » comme peut l’être un gigolo. Grâce à toutes ces informations il est légitime de s’interroger si cet individu a la moindre force morale, la moindre vertu pour résister à la tentation de présents qui l’obligeraient d’abandonner une parole donnée. On voit le danger pour la France d’avoir un individu si corruptible nommé comme chef de l’État. Le simple fait qu’il se soit renié en ne démissionnant  pas après l’annonce de sa mise en examen alors qu’il avait affirmé qu’il se tenait prêt à le faire fait de lui un homme indigne qui a perdu tout crédit dans sa parole donnée. Monsieur Fillon peut porter autant de costumes luxueux et élégants, autant de vêtements de gentleman farmer, il ne sera jamais un gentleman ni encore moins un gentilhomme. Il peut afficher les signes et les habits de l’honnêteté il ne sera jamais un honnête homme. Mais revenons à mon mon propos. En quoi cela peut il me réjouir de savoir tant de mensonges, de dissimulation et de cupidité honteuse chez un seul individu ? Tout simplement parce que cela m’évite de me casser la tête à lire son programme ou à l’écouter voilà tout. La messe est dite.

Ce qui a été dit ici pour monsieur Fillon peut s’appliquer aussi à monsieur de Rugy, du moins en ce qui concerne la valeur de sa parole donnée.p Ce dernier s’était engagé à soutenir le vainqueur de la primaire de gauche comme candidat légitime à l’élection présidentielle pour se déclarer avec un courage égale à sa fidélité envers sa parole donnée de soutenir et de  » suivre » ( le pauvre, il ne peut faire que cela ) Emmanuelle Macron si monsieur Macron dévisse dans les sondages pour connaître les intention de vote il y a de grande chance que monsieur de Rugy revienne à son sport favori celui de girouetter. Je pourrais enchaîner les faits et les propos qui prouvent que peu de ceux qui se targuent d’être dignes de subir la charge des responsabilités de l’état méritent un crédit d’une valeur morale. En faisant advenir les événements, en autorisant ces faiblesses le réel nous épargne d’user de notre temps précieux pour entendre ces paroles de ces individus. Il est plus que temps de souligner le prix de ce réel qui flagelle la superbe de ces hommes et nous libère de leur pensée amphigourique sans connaître le moindre labeur. Il suffit de bien écouter et surtout de bien retenir. la mémoire est la meilleur des armes du citoyen dans une république convoitée.

 

Cofounder of the webradio EIBSRadio in 2010 and cultural chronicler until 2016.
Graduate of Art history in 1992.
Vincent Tell was in turn author of forewords for catalogues of exhibitions and illustrator.
After studying visual arts in valenciennes university , he completed a degree in history of art .

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *