Un mag européen, peut-être un peu énervé aussi...

Euro, ECU, monnaie commune : un grand n’importe quoi

Lors du débat du second tour de l’élection présidentielle française, l’Europe n’a été abordée que sous deux angles : l’immigration et la monnaie unique. Sur ce dernier point, des vérités sont à mettre en valeur.

L’ECU comme monnaie commune…

L’ECU (European Currency Unit) n’a jamais réellement été une monnaie, comme son nom l’indique il s’agissait d’une unité de compte avec pour objectifs de simplifier les échanges européens et de garantir une zone de stabilité monétaire aux pays de la CEE (Communauté Économique Européenne).

Elle a été créée en 1979 avec le Système Monétaire Européen, qui a succédé au fameux Serpent Monétaire Européen (1972 – 1978) avec lequel on le confond souvent. L’ECU était l’un des outils de stabilisation des monnaies car il constituait un pivot de référence pour limiter les fluctuations des taux de change entre les monnaies européennes.

Elle n’a été en réalité utilisée que par les institutions européennes, les banques centrales nationales (nécessairement) mais uniquement de manière épisodique comme valeur de placement et d’endettement et certainement pas par les entreprises comme monnaie d’échange.

L’Euro a toujours été une monnaie unique

Si l’Euro n’a été introduit sous sa forme fiduciaire (pièces et billets) qu’en 2002, la monnaie unique est en réalité entrée en application en 1999. En effet, la valeur de l’Euro et les taux de change par rapport aux monnaies nationales ont été arrêtés par rapport à l’ECU au 31 décembre 1998. Pour faire simple, dès le 1er janvier 1999, 1 ECU = 1 Euro = 6,55957 FRF.

Les monnaies nationales ont donc bel et bien disparu, économiquement parlant, le 1er janvier 1999, leur taux de change étant bloqué et l’Euro sous contrôle de la Banque Centrale Européenne.

Mais où est le problème ?

Si certains candidats affirment qu’il est possible de conserver les avantages de la monnaie unique, le tout en ayant une politique monétaire indépendante, il s’agit d’un mensonge extraordinaire ! Nous l’avons vu, le point commun de l’ECU et de l’Euro c’est le contrôle puis la disparition des taux de change entre les monnaies européennes. Il serait impensable d’imaginer une monnaie commune, alors que les taux de change pourraient varier librement, au bon vouloir de la politique monétaire de chaque État.

Outre ce point technique, l’Euro existe surtout parce que la France l’a voulu : le Franc Français a été une catastrophe monétaire, qui ne cessait d’être dévalué et qui ne pouvait être stabilisé que par l’ECU — comprenez le Deutsch Mark. Si la France quittait l’eurozone, le premier pays à en payer les frais serait… La France, avec ses 48 milliards d’euros de déficit commercial en 2016 (soit plus de 300 milliards de Francs) !

Co-fondateur d’EIBS et d’EIBS Radio en 2010, j’étais animateur et éditorialiste politique dans le Programme Hebdomadaire jusqu’en 2016. Depuis l’interruption d’EIBS Radio, j’écris mes billet ici (!) sur le Mag d’EIBS. Je suis enfin salarié et militant de l’éducation populaire (certains diront « non pas pour faire des élections mais des électeurs »).
Européen convaincu, je ne me résigne pas à l’abandon d’un idéal même si le nationalisme retrouve des airs de modernité en temps de crise. La vraie modernité, c’est dans les idées de demain, plutôt que celles d’hier, que j’essaye de la trouver.

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