Un mag européen, peut-être un peu énervé aussi...

Theresa May s’en va-t-en guerre

Dans une tribune publiée dans 7 quotidiens européens (en France dans le Parisien – Aujourd’hui en France), Theresa May, Premier-Ministre britannique, adresse un message fraternel à ces (anciens) amis européens.

Ne nous fourvoyons pas, derrière cette initiative se cache seulement une manœuvre politique pour populariser l’idée d’un accord de libre échange entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne à la fin du cycle de négociations.

« La mise en place de barrières commerciales inutiles serait contraire à nos intérêts communs. »

Mais que dire d’autres si ce n’est : là est pourtant le point fondamental du Brexit ! Quitter l’Union Européenne, c’est quitter le marché unique ! La locataire de Downing Street a beau essayé de nous convaincre qu’elle ne souhaite pas « une Europe à la carte », c’est pourtant bien ce qu’elle demande.

Les différentes représentations européennes, notamment la Commission et le Conseil, avait laissé entendre, durant la période transitoire entre le référendum et la notification officielle du « Brexit » (le fameux article 50), que l’appartenance au marché unique ne pourrait être conservée uniquement si le Royaume-Uni se pliait à la libre circulation des personnes. Là est le hic : le Brexit n’a de sens, pour l’électorat britannique, que s’il peuvent maîtriser leur frontière « intégralement » et ne plus se plier aux dispositions de la circulation des personnes encadrés par le traité de Maastricht Lisbonne.

La campagne du Brexit a été martelé de certitudes, souvent mensongères :

  • Le Royaume-Uni obtiendra forcément un accord de libre échange : et finalement, pourquoi l’accepter ? C’est aussi dans l’intérêt des pays européens refuser un tel accord : la fuite annoncée des entreprises du Royaume-Uni représente une opportunité formidable pour les grandes places économiques européennes : Paris en tête, mais aussi Bruxelles, Francfort et Luxembourg.
  • Une fois le Brexit acté, le Royaume pourra dépenser les 14 milliards d’euros qu’il donne à l’Union Européenne pour son système de sécurité social : sauf que le manque de précédent nous laisse à penser que le Royaume-Uni devra sans doute continuer de verser son obole pour la période budgétaire 2014-2020, le chiffre de 60 milliards d’euros circulent comme « coût » du Brexit…

Frontières :

Au delà des questions économiques, les questions migratoires devront être abordées avec au moins autant d’intérêt. Espérons que la France inflige un revers sévère aux partisans du Brexit et défende l’intérêt européen : l’abrogation du traité du Touquet. Ce traité déplace la frontière britannique à Calais, c’est à cause de lui que vous devez montrer votre passeport à des fonctionnaires britanniques avant de prendre le ferry ou le tunnel. Déplaçons cette frontière à Douvres une bonne fois pour toute : inutile, avec un pays europhobes, de transformer la côte d’Opale en centre de rétentions gigantesques.

Pour conclure, ne négocions pas un « soft » ou un « hard » Brexit : négocions un Brexit ! Un vrai Brexit, il ne s’agit pas de punir les britanniques, il s’agit simplement de respecter leur vote, you want to get out, get out then ! En 1990, le Sun titrait « Up yours Delors » (Jacques Delors était alors Président de la Commission, en pleine négociation du traité de Maastricht), reprenons aujourd’hui en cœur ce slogan « Up yours May » !

Co-fondateur d’EIBS et d’EIBS Radio en 2010, j’étais animateur et éditorialiste politique dans le Programme Hebdomadaire jusqu’en 2016. Depuis l’interruption d’EIBS Radio, j’écris mes billet ici (!) sur le Mag d’EIBS. Je suis enfin salarié et militant de l’éducation populaire (certains diront « non pas pour faire des élections mais des électeurs »).
Européen convaincu, je ne me résigne pas à l’abandon d’un idéal même si le nationalisme retrouve des airs de modernité en temps de crise. La vraie modernité, c’est dans les idées de demain, plutôt que celles d’hier, que j’essaye de la trouver.

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